top of page

L'urbanisation galopante d'Addis Abeba

À 3000 m d’altitude, la vue depuis le mont Entoto situé au Nord-Est d’Addis-Abeba permet d’avoir un panorama large de la capitale éthiopienne.


Les origines d’Addis-Abeba

Addis-Abeba signifie en amharique « nouvelle fleur ». Addis est en effet une capitale nouvellement éclose, au regard de la longue et riche civilisation abyssinienne.


L’empereur Menelik II voulut replacer le pouvoir au centre de son territoire étendu grâce à ses conquêtes. Il s’installa tout d’abord sur le mont Entoto, à l’ombre des grands eucalyptus odorants et, surtout, stratégiquement en hauteur pour surveiller ses arrières. Mais ce que femme veut… eh bien, Menelik le lui accorda.

L’histoire dit que son épouse Taytu Betul souhaitait, quant à elle, descendre vivre sur le piémont d’Entoto, plus près de sources d’eau chaude qu’elle appréciait (cet endroit était auparavant appelé Finfinne « source naturelle » en langue oromo). C’est ainsi qu’un palas impérial fut érigé en ce lieu à partir de 1887. Le développement d’Addis-Abeba, accueillant les migrants de l’intérieur du pays mais également de l’étranger (indiens, arabes, italiens notamment), commença à l’aube du 20e siècle autour d'activités commerçantes et d'une structuration politique, sociale et religieuse où cohabitèrent immédiatement ensemble chrétiens et musulmans.


Une capitale africaine

Dès le début, le récit architectural d'Addis-Abeba est celui de la souveraineté nationale et de la volonté d'indépendance éthiopienne. Le patrimoine monumental, l'appel aux bâtisseurs de renom, tout concourt à mettre en scène le mythe fondateur de Kebrä Nägäst (« la gloire des Rois »), proclamant en clair ou en creux la légitimité de l’Éthiopie et son rôle dans l'Afrique libre.



Consécration de cette reconnaissance, Addis-Abeba est depuis 1963 le siège de l'Union Africaine. Ce qui était à l'époque la patiente et complexe Organisation d'une Unité Africaine (OUA) au lendemain des indépendances, fut un chantier diplomatique majeur de l'empereur Haïlé Selassié qui gouverna durant 44 ans jusqu'au putsch militaire de 1974. Le nouveau siège de l'Union Africaine, inauguré en 2012, est également très symbolique des liens avec la Chine, puisque le site, moderne et imposant, a été entièrement conçu et offert par la grande puissance asiatique qui investit massivement en Afrique, attirée par les matières premières que contient le continent.


Une métropole en expansion permanente

Addis-Abeba comporte aujourd'hui environ 5 millions d'habitants et présente un paysage des plus contrastés, où quartiers modernes et grandes avenues côtoient bidonvilles et petites échoppes de rue (voir la visite d'Addis).

Ville universitaire, culturelle et touristique, grouillant de diplomates internationaux, Addis-Abeba, comme toutes les grandes métropoles, attire les populations pauvres en quête de petits boulots pour contrebalancer une vie rurale abîmée par les épisodes de sécheresse ou invasions de criquets.



Pour s'adapter et évoluer, la métropole bénéficie des investissements chinois, comme notamment le tram construit en 2015, comportant 39 stations pour traverser une aire urbaine qui ne cesse de s'étaler en confisquant le foncier agricole alentour et appauvrissant derechef les populations les plus proches.





8 vues0 commentaire

Comments


bottom of page